Parpaing ou brique ? La question revient dans presque tous les projets de maison individuelle. Les deux matériaux sont des blocs maçonnés, montés à la main sur des fondations en béton, et nous construisons indifféremment avec l’un ou l’autre. Ils ne répondent pourtant pas de la même façon aux exigences d’isolation, de confort d’été ou de précision de pose. Voici de quoi comparer sans parti pris, à partir des contraintes réelles d’un chantier dans le Doubs, le Territoire de Belfort, l’Alsace ou la Lorraine.
Parpaing et brique : de quoi parle-t-on exactement ?
Le parpaing, ou bloc béton
Le parpaing est un bloc creux en béton de granulats, moulé en usine. Monté au mortier, il forme un mur porteur solide et tolérant sur le chantier : l’épaisseur du joint rattrape de petits écarts de niveau d’une rangée à l’autre. Sa résistance thermique est faible, si bien qu’un mur en parpaing reçoit toujours une isolation, le plus souvent un doublage isolant côté intérieur, parfois une isolation par l’extérieur.
La même famille comprend les blocs à bancher, creux eux aussi, que l’on arme et que l’on remplit de béton pour les murs très sollicités : sous-sol, mur de soutènement, soubassement enterré.
La brique de terre cuite
La brique de structure actuelle est une brique alvéolaire en terre cuite : ses multiples cloisons emprisonnent de l’air et freinent le passage de la chaleur. Elle existe en plusieurs épaisseurs. Les plus épaisses, dites à isolation répartie ou « monomur », peuvent selon le modèle se passer de doublage isolant ou en réduire nettement l’épaisseur.
Les briques de structure sont aujourd’hui souvent rectifiées : leurs faces d’appui sont surfacées en usine, ce qui autorise une pose à joint mince, au mortier-colle. Cette technique exige une première rangée parfaitement de niveau, car un joint de quelques millimètres ne rattrape presque rien. Tout se joue donc sur l’arase de départ.
Brique ou parpaing : le comparatif point par point
| Critère | Parpaing (bloc béton) | Brique alvéolaire |
|---|---|---|
| Rôle thermique | Faible, isolant rapporté indispensable | Partiel ou complet selon l’épaisseur et le modèle |
| Pose | Au mortier, joints épais qui absorbent les écarts | Souvent à joint mince, arase de départ très précise |
| Manutention | Blocs denses, plus lourds à volume égal | Blocs souvent plus grands, plus légers à volume égal |
| Fixations lourdes | Chevilles pour matériaux creux, choisies selon la charge | Chevilles spécifiques aux briques alvéolaires, choisies selon la charge |
| Saignées pour les réseaux | Simples à réaliser | À faire avec un outillage adapté, sans casser les cloisons |
| Parties enterrées | Blocs béton ou blocs à bancher adaptés | Rarement utilisée |
| Confort d’été | Inertie utile surtout si l’isolant est placé à l’extérieur | Inertie de la terre cuite côté intérieur |
| Zone sismique 3 ou 4 | Possible avec chaînages et règles parasismiques | Possible avec chaînages et règles parasismiques |
Le point du confort d’été mérite une explication. Une maçonnerie lourde stocke la fraîcheur de la nuit et amortit la chaleur de l’après-midi, à condition d’être en contact avec l’air intérieur. Un parpaing doublé d’un isolant côté intérieur perd une bonne partie de cet effet, puisque l’isolant le sépare des pièces. Une brique à isolation répartie laissée sans doublage, ou un parpaing isolé par l’extérieur, le conservent.
Ce que change la RE2020
Pour les maisons dont le permis de construire est déposé à partir du 1er janvier 2022, la réglementation environnementale RE2020 remplace la RT 2012. Selon le ministère de la Transition écologique, elle poursuit trois objectifs : sobriété et décarbonation de l’énergie, réduction de l’impact carbone, confort en cas de forte chaleur. Elle ne choisit pas le matériau des murs à votre place : elle vérifie des résultats, à travers six indicateurs calculés par le bureau d’études thermiques.
- Bbio : les besoins de chauffage, de refroidissement et d’éclairage, qui dépendent directement de l’isolation des murs, de la compacité et de l’orientation.
- Cep et Cep,nr : les consommations d’énergie primaire, totale puis non renouvelable.
- Ic énergie : l’impact climatique des énergies consommées pendant la vie du bâtiment.
- Ic construction : l’impact climatique des produits de construction et du chantier, évalué par analyse du cycle de vie.
- DH, les degrés-heures d’inconfort : l’inconfort ressenti par les occupants pendant la saison chaude.
Pour l’Ic construction, chaque produit est pris en compte grâce à sa déclaration environnementale, une fiche FDES établie par le fabricant ou par sa filière et vérifiée par une tierce partie indépendante, ou à défaut grâce aux données par défaut publiées par le ministère. Ces données sont consultables gratuitement dans la base INIES. Comparer brique et parpaing sur ce critère se fait donc produit par produit, avec l’isolant, le mortier et l’enduit qui les accompagnent, et non à partir d’idées reçues.
Les quatorze départements où nous intervenons, de l’Aube au Territoire de Belfort, sont tous classés en zone climatique H1, la plus froide des trois grandes zones de la réglementation (voir la répartition officielle des départements par zone climatique). Les besoins de chauffage y pèsent lourd dans le Bbio : la continuité de l’isolation, le traitement des ponts thermiques aux planchers et aux linteaux et l’étanchéité à l’air comptent autant que le bloc lui-même.
Les critères propres à l’Est de la France
Le froid pendant le chantier
Mortier et mortier-colle craignent le gel : quel que soit le bloc, on ne maçonne pas par temps de gel, et les murs fraîchement montés se protègent de la pluie et du froid. À Pontarlier ou à Morteau, à plus de 750 m d’altitude, la saison de maçonnerie se planifie en conséquence. La pose à joint mince, plus sensible aux conditions de mise en œuvre, demande une attention particulière aux prescriptions du fabricant. Notre guide sur les fondations hors gel en altitude détaille l’organisation d’un chantier d’hiver.
Le séisme
Dans le Pays de Montbéliard, à Belfort, Mulhouse ou Besançon (zone 3), comme à Delle, Beaucourt ou Saint-Louis (zone 4), les règles parasismiques s’imposent aux maisons neuves : chaînages horizontaux et verticaux, liaisons entre fondations, murs et planchers, encadrement des ouvertures. Elles valent pour la brique comme pour le parpaing. À Nancy, Metz ou Reims, en zone 1, elles ne s’appliquent pas aux maisons individuelles. Tous les détails figurent dans notre guide construire en zone sismique.
Le sol et le radon
Sur un terrain argileux, ce sont les fondations et les chaînages qui protègent la maison, pas le choix du bloc : une maçonnerie rigide, brique ou parpaing, fissure si le sol bouge sous elle. En exposition moyenne ou forte, le constructeur doit suivre une étude géotechnique de conception ou appliquer les techniques particulières prévues par la réglementation (voir notre guide étude de sol et argiles). De même, dans les communes à potentiel radon significatif comme Belfort, Giromagny ou Épinal, c’est l’interface entre le sol et la maison (dalle, vide sanitaire, passages de réseaux) qui compte, quel que soit le matériau des murs.
Brique et parpaing sur la même maison
Beaucoup de maisons associent les deux. Le sous-sol, le vide sanitaire ou le soubassement sont montés en blocs béton ou en blocs à bancher, mieux adaptés au contact de la terre ; les murs habitables s’élèvent ensuite en brique. Un garage accolé ou une annexe non chauffée peuvent rester en parpaing, le mur qui les sépare du logement étant alors isolé comme une paroi extérieure. À chaque changement de matériau, les chaînages et les liaisons sont traités pour que la structure reste continue.
Pour les ouvrages extérieurs, le bloc béton garde l’avantage : un mur de clôture se monte couramment en parpaing enduit, et un soutènement exige des blocs à bancher armés et remplis ou du béton banché. La brique alvéolaire n’y apporte rien, son intérêt étant thermique.
Brique ou parpaing : les questions à poser avant de choisir
Avant de trancher, faites le point avec votre maître d’œuvre ou votre bureau d’études :
- Quelle stratégie d’isolation l’étude thermique retient-elle : doublage intérieur, isolation extérieure ou brique à isolation répartie ?
- Qui réalise l’isolation et les doublages, et à quel moment du chantier ?
- Quelles charges lourdes seront fixées aux murs (meubles hauts, chauffe-eau, rangements) et avec quelles chevilles ?
- Le terrain impose-t-il un sous-sol ou un vide sanitaire, donc des blocs adaptés à la partie enterrée ?
- Si votre commune est en zone 3 ou 4, les blocs retenus conviennent-ils à la conception parasismique du projet ?
- Le devis précise-t-il la référence, l’épaisseur et le mode de pose des blocs ? Notre guide choisir son maçon détaille les points à vérifier.
Le budget, enfin, ne se compare que sur des devis établis pour votre projet, isolation comprise : un mur en parpaing sans son isolant ne se compare pas à un mur en brique à isolation répartie.
Brique ou parpaing, nous montons les deux
Nous réalisons le gros œuvre de maisons individuelles en brique ou en parpaing, des fondations jusqu’à la sortie de toit, en suivant l’étude thermique et les prescriptions parasismiques de votre projet. Siège à Sainte-Suzanne, interventions dans le Doubs, le Territoire de Belfort, la Haute-Saône, le Jura et tout le Grand Est (nos zones d’intervention). Découvrez notre prestation de construction de maison individuelle et nos travaux de maçonnerie générale, puis demandez votre devis gratuit : visite, métré et devis détaillé ligne par ligne, sans engagement, avec une réponse sous 48 h.